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dominique
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« le: 12 Juin 2009 à 18:23:19 » |
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source de l'info: http://tf1.lci.fr/
Témoignage - Henriette, 37 ans, a vécu le calvaire cinq ans auprès de Jacques. Au-delà des coups, elle raconte la douleur des mots. Le gouvernement a lancé cette semaine la nouvelle campagne contre les violences conjugales axée sur les violences verbales et psychologiques.
Henriette ne termine jamais ses phrases. Les points de suspension qu'elle laisse dans la conversation sont aussi évocateurs que les mots malhabiles employés pour désigner Jacques, son ancien concubin. Elle dit qu'il était "méchant". Méchant au point de l'enfermer à double tour, de la priver de nourriture, de la violer, de la frapper. Méchant au point de lui avoir fait vivre un enfer cinq ans durant. Henriette se souvient. Il y a la rencontre en Côte-d'Ivoire d'où ils sont tous les deux originaires. Lui habite déjà en France. Pendant quatre ans, ils se fréquentent lors des vacances. La jeune femme ne s'épanche pas vraiment sur la relation. "C'était normal", "il était gentil". Un jour, Jacques lui propose de venir vivre en France. "Il a insisté, il m'a mise en confiance alors moi, je me suis dit 'pourquoi pas'". Lessivage de cerveau 2002. Henriette débarque avec ses valises dans un pays où elle ne connait personne. Elle les pose chez Jacques, dans une ville de la région parisienne. Il est chauffeur-livreur, part le matin, revient le soir. Henriette passe ses journées dans l'appartement. Elle ne peut pas en sortir, il prend les clefs au motif qu'elle ne connait personne et qu'elle n'a pas de papiers, "c'est trop dangereux pour toi", lui dit-il. Elle tombe enceinte. "A aucun moment de ma grossesse, il n'y a eu de gentillesse", relate Henriette. Il y a même eu les premiers coups. C'était une nuit, elle était alors enceinte de cinq mois. Il voulait faire l'amour, elle pas. "Alors, il m'a donné des coups de pied...". Les autres suivent, de plus en plus rapprochés. "Fallait pas que je dise non...", explique-t-elle pour les "justifier". Ils sont arrivés après plusieurs mois de relations mais le processus était déjà enclenché. "Depuis le départ, il était méchant avec moi, ses mots m'humiliaient, me rabaissaient", explique-t-elle. "J'avais plus peur de mourir que de l'extérieur" Laborieusement, Henriette raconte cette fois où elle parlait avec sa belle-sœur dans leur dialecte ivoirien, un langage que Jacques, qui lui parle un autre patois, ne comprend pas. Il lui dit de se taire. Elle refuse. "Il s'est levé, m'a tapée, j'ai pas aimé". Henriette venait juste de sortir de l'hôpital après une césarienne suivie d'une hémorragie. "Il me disait : "je t'enferme, je te tape, je te tue et tu n'y peux rien", raconte-t-elle sans respirer. Le lendemain, elle se confie auprès d'une assistante sociale : "J'avais plus peur de mourir que de l'extérieur". Un jour Henriette part pour ne plus jamais revenir. Quand elle évoque cette journée de janvier 2007, sa voix se fait plus ferme, le ton plus fluide et la jeune femme aujourd'hui âgée de 37 ans ne s'arrête plus : "Si tu ne pars pas, ça ne s'arrêtera pas. Ni les mots, ni les coups. Des mots plus violents, selon elle, que les coups. Il te frappe, tu as mal quelques jours ; il te traite de pute, c'est dans ta tête toujours...", soupire-t-elle avant de reprendre : "Quand il te dit tous les jours de tous les ans que tu ne connais rien, que tu ne te fous rien, que tu ne sers à rien, tu ne te sens plus femme, tu es devenue un objet".
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