L'église catholique de Belgique, secouée par des scandales de pédophilie, publie une partie des 475 témoignages de victimes de prêtres recueillis par une commission ad hoc. Elle révèle que treize de ces victimes se sont suicidées - un geste directement lié au traumatisme subi.
La plupart des témoignages concernent des faits commis des années 50 à la fin des années 80 par des ecclésiastiques, mais aussi des professeurs de religion ou des accompagnateurs de mouvements de jeunesse. Deux tiers des témoignages proviennent d'hommes, pour un tiers de femmes, en moyenne âgés de 50 à 60 ans aujourd'hui. Certains d'entre eux ont attendu des dizaines d'années pour rendre public leur calvaire, qui a commencé pour beaucoup lorsqu'ils avaient en moyenne 12 ans. Pour certains, les faits ont débuté alors qu'ils n'étaient âgés que de 2 ou 5 ans. Ce texte disponible sur le site
http://www.commissionabus.be/ contient les témoignages anonymes, en français ou en néerlandais, de 124 "survivants d'abus sexuels", selon le terme utilisé par la commission. La commission a établi "qu'aucune congrégation n'échappe à l'abus sexuel de mineurs par un ou plusieurs de ses membres", disent les auteurs. Parmi les témoignages, souvent dramatiques, une femme abusée à l'âge de 17 ans par un prêtre explique avoir tenté de se confier à un évêque en 1983. Il a répondu: "Cessez de le regarder, il vous laissera tranquille", dit-elle.