Une assistante maternelle de 51 ans a été condamnée mercredi à deux ans de prison ferme et trois avec sursis par la cour d'assises de Loire-Atlantique pour avoir secoué en 2006 un bébé dont elle avait la garde et qui en est mort. L'accusée, qui va interjeter appel selon son avocat, a été placée sous mandat de dépôt. Elle a en outre définitivement l'interdiction d'exercer une activité en contact avec les enfants. Son avocat, Me Fathi Benbrahim, avait demandé l'acquittement. "Elle est partie en larmes en ne comprenant pas la décision qui a été prise, elle est innocente", a affirmé Me Benbrahim. "Nous avons la certitude que la datation du traumatisme", avant ou après que le bébé ait été confié à la nourrice, "n'est pas possible", avait-il souligné lors de sa plaidoirie. "C'est peut-être elle, mais ce n'est peut-être pas".
Après plusieurs heures de garde à vue,
l'assistante maternelle avait reconnu qu'"agacée" par les pleurs de la petite fille, elle l'avait "saisie de manière brusque sous les aisselles sans prendre soin de lui maintenir la nuque", mais elle a toujours nié, y compris pendant son procès, l'avoir secouée violemment. "Je l'ai pas secouée. Je lui ai pas fait de mal à cette petite. Je suis désolée autant pour elle que pour ses parents. J'ai ma conscience", a répété en larmes mais déterminée, l'accusée, la cinquantaine brune aux cheveux courts, lors de son procès.
C'est "une réponse comme quoi on nous croit"
Les parents de la victime ont tous deux regretté cette attitude après le verdict. "On ne connaît toujours pas la vérité, elle n'assume pas du tout sa responsabilité, pas du tout ses actes. Ce n'est pas l'emprisonnement qui nous intéressait", a déclaré la mère du bébé. Son mari a néanmoins estimé que cette condamnation était "une réponse comme quoi on nous croit", car lui et sa femme avaient dans un premier temps également été placés en garde à vue. L'avocat général Jacques Noguellou avait requis "trois à quatre ans d'emprisonnement ferme". "J'ai exclu tout sursis avec mise à l'épreuve, qui serait complètement sans signification dans l'attitude de déni qui est la sienne", a-t-il dit. "A l'époque des faits, on était plus tatillon pour donner l'autorisation de s'occuper d'oiseaux exotiques que pour s'occuper d'un bébé", a ajouté l'avocat général. "Je ne vous accable pas : vous n'étiez pas faite pour ce métier", a-t-il lancé à l'accusée, par ailleurs mère de trois enfants.
Le 18 avril 2006, les parents de Louan, âgée de près de cinq mois, l'ont confiée pour la troisième journée à cette assistante maternelle agréée à Savenay (Loire-Atlantique). A l'heure du déjeuner, la nounou s'est précipitée chez ses voisins pour prévenir les secours car le bébé n'allait pas bien. Hospitalisée dans un état neurologique "très perturbé", Louan est décédée le 13 mai 2006, près d'un mois après son admission. Les analyses pratiquées par les médecins légistes ont conclu à un décès "des suites d'un traumatisme causé par un secouage violent".
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http://lci.tf1.fr/ ********************
Selon le psychologue qui l'a examinée, la nourrice est "quelqu'un d'assez rigide, qui apparaît comme rapidement irritable".] Elle avait selon lui "une réelle inaptitude" à exercer ce métier, en dépit de son agrément par les services sociaux du département.
Interrogée par le président de la cour d'assises, l'assistante maternelle avait reconnu être "un peu impulsive" et "pas toujours très patiente".
Titulaire d'un diplôme de secrétariat, cette mère de trois adolescentes s'était reconvertie en 2000, et n'avait reçu qu'une demi-journée de formation à son nouvel emploi. Elle n'était par ailleurs pas formée aux gestes de premiers secours.source : http://www.lepoint.fr/