Valérie .
Sa vie de chien, la Parisienne l'a écrit
Valérie a écrit un livre exutoire de 244 pages. « Vols, viols, violences et vérités » retrace sa vie, où la réalité dépasse la fiction.
« Dès la naissance, notre premier cri se fait dans la saleté et la misère. » Née en région parisienne, au coeur d'une fratrie de huit enfants, d'une mère hispano- Alsacienne et d'un père normand, tous deux alcooliques, Valérie revient de loin. « J'aimerais m'arracher un morceau de cerveau, celui qui contient les souvenirs », écrit l 'auteur, dans Vols, viols, violences et vérités. Un livre exutoire, dans lequel la réalité dépasse souvent la fiction.
Car elle n'a pas été gâtée par la vie, Valérie. Son personnage, Cécile, le crie haut et fort dans cet ouvrage écrit en Mayenne. Chapitré comme un cahier d'école, il retrace sa « vie de chien » en région parisienne, avec des mots durs, les mots d'une enfant qui n'est presque jamais allé à l'école. Sa mère s'en fichait.
« La peur au ventre »
Ivre à longueur de journées et de nuits sa mère, « fainéante », est incapable de s'occuper d'elle et de ses petits frères et soeurs. Elle boit l'argent des allocations familiales, « va même avec des hommes, pour pouvoir avoir sa dose d'alcool. » « Elle ne fait pas trop le ménage. Je crois bien que je l'ai juste vu balayer une fois, et ce qui m'a surprise, c'est qu'elle a mis les saletés derrière la porte. »
Obligée de chercher sa nourriture quotidienne dans les poubelles du quartier, et de voler « car il n'y a rien à manger dans cette baraque », Valérie dort aussi dans la saleté et la promiscuité de l'unique chambre familiale. Quand elle peut dormir. Car à la maison, la nuit aussi « tout vole : les mots des deux alcooliques, la vaisselle, les injures, les coups. » Leurs bagarres, elle les vit « la peur au ventre », sous la table de la cuisine, où elle se réfugie. Un soir, alors qu'ils ont bu, « mon père lui plante une hache qui sert à fendre le petit-bois pour la cuisinière Elle crie comme une démente. » La mère a juste le cuir chevelu coupé. Elle a les mollets bleus des coups de lanières de martinet.
Au patronage, Valérie aime bien écouter le curé. « Cela me fait m'évader de la misère que nous vivons. » De ces causeries, elle en tire l'amour pour Marie, car « il me semble qu'elle peut me sortir de plein de tourments. Pendant toute ma pourriture de vie, elle va être mon ange gardien. »
Une vie longue, laborieuse, douloureuse, au cours de laquelle police et services sociaux se succèdent. Son placement en famille d'accueil, et celui de ses plus jeunes frères et soeurs, est inéluctable. Ce n'est pas une délivrance. Valérie vit très mal ce nouveau coup dur qui la sépare de ses parents.
De fugue en fugue, elle va poursuivre son parcours dans la rue. Les mauvaises rencontres, elle dit qu'elle n'a pas pu les éviter. Trop vulnérable. Adolescente violée, puis femme battue par un concubin repris de justice, Valérie est aujourd'hui mère de quatre grands enfants eux-mêmes parents. « J'ai vécu quatorze ans, rien qu'avec mes enfants, on était bien. On m'a souvent dit que je les gâtais trop. Mais moi, je ne savais pas ce que c'était que trop donner. » .
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